Témoignage de Karla Turner

Qui a tué Karla Turner ? C’est un peu la question que l’on se pose spontanément en parcourant les évènements étranges qui ont rythmé la vie de cette femme exceptionnelle qui a marqué l’ufologie des années 90. Cette intellectuelle insoumise était ce que l’on appelle, dans le langage ufologique contemporain, une abductée, c’est-à-dire quelqu’un qui se souvient avoir été enlevée malgré elle, par des entités extraterrestres. Elle était surtout une chercheuse au parler vrai qui prit le risque de s’exprimer publiquement de son expérience et qui n’hésita pas à naviguer à contre courant des idées reçues pour défendre l’intégrité de ceux qui, comme elle, ont pénétré un monde inconnu. Elle laissera derrière elle, trois ouvrages clés encore mal connus et pourtant indispensables pour qui veut comprendre le phénomène des abductions : Into The Fringe, Taken et Masquerade of Angels.

Avant de devenir un auteur respecté du cercle restreint en matière de recherche sur les enlèvements extraterrestres, Karla Turner menait une vie tout à fait conventionnelle. Mariée et mère d’un garçon, elle obtint sa licence à l’université de Californie à Sacramento, décrocha sa maîtrise à l’université de Nottingham et son doctorat à l’université du Texas de Denton où elle enseigna comme professeur de littérature avant de se dédier complètement à la recherche sur les rencontres rapprochées du 4ème type, à savoir les abductions.

C’est par la force des «choses» que Karla entrera, en mai 1988, dans un monde encore inimaginable pour beaucoup. En l’espace de quelques semaines, c’est la vie tranquille et bien organisée de toute une famille qui sera envahie par la résurgence de souvenirs incroyables, peuplés d’ombres fuyantes, d’entités reptiliennes, d’inquiétantes expériences «médicales», d’apparitions d’OVNIs et par la découverte d’ecchymoses et de cicatrices étranges au lever du lit. Un phénomène qui touchera Karla et Elton Turner, son mari, mais aussi leur fils et son copain de chambrée ainsi que Megan (pseudonyme), qui deviendra plus tard leur belle-fille.

Pendant un peu plus d’un an, Karla Turner transcrira au jour le jour leurs expériences dans un journal qui servira de base à son premier livre, Into The Fringe (éditions Berkley  – 1992), qui est un compte rendu précis, vu de l’intérieur, de la vie quotidienne d’une famille sous l’emprise d’une force qui ne dit pas son nom.
Un livre témoin, dense et inattendu où Karla Turner annonce la couleur d’entrée de jeu : « Les gens qui figurent dans ce livre sont des victimes. Ils sont aussi ma famille, mes amis et ce qui leur arrive m’importe beaucoup. Je pense que tout le monde devrait partager mon sentiment car notre histoire démontre qu’aucune famille, aucun enfant ni aucun ami n’est à l’abri du phénomène des enlèvements et cela d’autant plus que les évènements vécus par notre petit groupe se répètent, à l’instant même, dans des milliers de foyers », expliquera-t-elle en introduction, comme pour se justifier de cette confession publique et forcément impudique d’une nouvelle vie qu’elle n’a pas choisie mais qu’elle embrassera avec force et détermination.

Pas question donc de voir ces intrusions comme un coup de pouce providentiel du génie génétique de nos «frères de l’espace» pour surmonter le chaos spirituel, politique et écologique d’un monde en déconfiture. Ce sera d’ailleurs son cheval de bataille car pour Karla Turner, une abduction n’a rien d’un accompagnement spirituel transcendantal, c’est un viol du corps et de la conscience :

«Avant de croire en la bonté des extraterrestres, nous devrions nous demander pourquoi des entités évoluées opèrent de nuit pour prodiguer leurs «soins» ? Pourquoi nous paralysent-ils et nous empêchent-ils de résister ? Pourquoi des anges s’amuseraient-ils à voler nos fœtus ? Pourquoi manipulent-ils les organes génitaux de nos enfants et pourquoi ont-ils besoin de sonder nos rectums ? La peur, la douleur et la mystification seraient-elles compatibles avec leurs desseins soi-disant spirituels ? » dira-t-elle en conclusion d’un article consacré aux séquelles des enlèvements.

Turner dressera un constat dur, sans concession et peut-être amer pour certains chercheurs, psychiatres et psychologues comme Leo Sprinckle, Richard Boyland ou encore John Mack et bien d’autres. Des personnalités qui ont défendu et défendent encore l’idée d’un partenariat spirituel avec les «extraterrestres», une sorte d’association symbiotique qui, au-delà des souffrances imposées par l’exercice, permettrait à un abducté de prendre conscience de sa relation «spéciale» avec ses ravisseurs, de développer une pensée évolutive et holistique ou mieux encore, une conscience écologique profondément concernée par la survie de la planète. A écouter Karla Turner, ces théories – tout comme celles d’autres chercheurs qui ont exclusivement voulu voir dans ces rapts une opération d’hybridation de notre espèce – sont fondées sur des données incomplètes car leurs auteurs ont opportunément choisi d’écarter tout ce qui ne collait pas avec leurs déductions.

Aux antipodes de la vision, quelque peu idéaliste, de l’extraterrestre bienveillant véhiculée par certains concepts New Age, les aliens de Turner sont les «maîtres de l’illusion» : fourbes, menteurs, manipulateurs et obsédés par notre sexualité, ils possèdent une technologie qui leur donne les clefs de notre conscience, de notre mémoire et de notre univers émotionnel.
Raison de plus, dira-t-elle, de ne pas s’offrir le luxe de rejeter des témoignages ou des indices «gênants» sous prétexte qu’ils ne sont pas spirituellement corrects ou ne corroborent pas une thèse ou des hypothèses, aussi séduisantes soient-elles. Karla Turner se fera donc la porte-parole de ces témoins encombrants, de ces enlevés anonymes qui reviennent avec des problèmes gynécologiques, des maladies graves liés aux enlèvements et des histoires incroyables de transfert de consciences dans des clones. Des récits qui parlent aussi d’expérimentations mortelles dans de mystérieuses bases souterraines, de rapports sexuels forcés avec des aliens polymorphes ou illusionnistes et de la présence d’êtres humains aux côtés d’extraterrestres lors des abductions, pour ne prendre que quelques exemples d’une longue liste d’anomalies peu conformes avec les standards d’une abduction «classique».

L’ancienne enseignante universitaire devenue activiste ne se contentera pas de raconter son expérience. Guidée par le désir de comprendre et de trouver une réponse, elle assistera d’abord Barbara Bartholic qui, à l’époque, avait déjà réalisé plus de 250 régressions hypnotiques sur des abductés, dont la famille Turner. Rapidement, elle commença ses propres recherches qui donneront naissance à Taken en 1994 : un deuxième livre qui expose la vie de huit américaines, huit histoires rythmées et ponctuées par l’ingérence d’une conscience extraterrestre insidieusement invasive qui, selon Turner, nous berce d’illusions à coup de réalité virtuelle pour endormir notre vigilance. Un peu comme l’ogresse des frères Grimm qui appâte Hansel et Grethel avec sa maison en pain de mie pour mieux les manger. Un ouvrage qui, visiblement, inspirera le scénariste Leslie Bohem qui écrira Taken, une mini série de télévision du même nom produite par Steven Spielberg en 2002. Une inspiration purement formelle, car si les ressemblances entre l’histoire de Pat (racontée dans Taken de Turner) et la petite hybride interprétée par l’enfant star, Dakota Fanning, ne sont évidemment pas fortuites, le scénario de la série trahira néanmoins la pensée de Karla Turner en présentant les enlèvements extraterrestres comme une évolution quasi mystique de l’humanité.

Dans la foulée de Taken, la militante multipliera les apparitions publiques et deviendra, par la qualité de ses interventions et la pertinence de ses arguments, une actrice incontournable concernant la recherche sur les abductions ainsi qu’un modèle d’authenticité et de combativité pour bon nombre d’abductés qui se reconnaîtront en elle. Certains comme Eva Lorgen (The Love Bite -ELogos & HHC Press) revendiqueront son héritage spirituel et d’autres tel James Bartley, iront jusqu’à se radicaliser : Excédés d’êtres stigmatisés par une presse qui les expose cyniquement comme des UFO believers et des conspirationnistes, ces abductés en territoires occupés ne cherchent plus à convaincre de la réalité de leurs expériences et disent «entrer en résistance» contre un cartel militaro-reptilien responsable, selon eux, du contrôle mental qu’il subissent et de l’entraînement secret de certains abductés, enrôlés contre leur gré dans des opérations spéciales. Si Karla Turner sera parmi les premières avec Melinda Leslie, Debby Jordan, Leah Haley, Katarina Wilson et Anna Jemerson à pointer du doigt le rôle des militaires dans le déroulement de certaines abductions, elle s’attachera aussi à démontrer que les «aliens» contrôlent la mémoire des abductés par l’implantation d’«images écran» et de fausses mémoires. Une réalité qu’elle s’efforcera de traduire lors de nombreuses conférences et conventions ainsi que dans son dernier livre, Masquerade of Angels, publié à compte d’auteur en 1994.

Deux ans plus tard, le 9 janvier 1996, Karla Turner s’éteindra d’un cancer fulgurant du sein en moins de 6 mois. Une mort prématurée et suspecte pour beaucoup parmi la communauté des enlevés qui voudront y voir un meurtre pour faire taire celle qui leurs inculquait, avec obstination, la volonté de résister contre la menace d’un prédateur invisible et redoutable pour la survie de l’homme. Des rumeurs conspirationnistes et paranoïaques ? Peut-être, mais si Karla avait pu survivre à sa propre mort, c’est exactement dans ces termes qu’elle aurait dénoncé une conspiration contre sa propre vie.

Dr. Karla Turner aurait été assassiné par la CIA pour avoir exposer les abductions par des Aliens Gris. Un chercheur en ufologie, dont l’objectif était étranger, militaire et enlèvements para-militaires ou MAAR (Malevolent de recherche Alien Abduction), elle a examinée de nombreux résultats et l’expérience personnelle en ayant travaillé avec  de multiples personnes enlevées.


Un ouvrage qui, visiblement, inspirera le scénariste Leslie Bohem qui écrira TAKEN, une mini série de télévision du même nom produite par Steven Spielberg en 2002. L’histoire de Karla Turner est à l’origine de cette mini série TV.

Une inspiration purement formelle, car si les ressemblances entre l’histoire de Pat (racontée dans le livre Taken de Turner) et la petite hybride interprétée par l’enfant star, Dakota Fanning, ne sont évidemment pas fortuites, le scénario de la série TV trahira néanmoins la pensée de Karla Turner en présentant les enlèvements extraterrestres comme une évolution quasi mystique de l’humanité.

Quand Karla Turner m’a demandé d’écrire la préface de son nouveau livre, Taken, elle savait qu’en tant que réalisatrice de documentaire, productrice de télévision et auteur, je tirais le diable par la queue pour comprendre ce qui se cachait derrière les nombreux phénomènes étranges qui affectent notre planète. J’ai moi-même enquêté sur les mystérieuses formations de crop circles qui apparaissent dans le monde entier, les mutilations animales et le syndrome des enlèvements extraterrestres. Je suis convaincue que l’humanité est en train de passer d’un paradigme, qui veut que nous soyons seuls dans l’univers, à un autre dans lequel nous ne serons plus seuls et où quelque chose d’extérieur à notre monde entrera en interaction avec nous, les animaux et le règne végétal, nous obligeant à percevoir une autre réalité.

La vraie nature et le but de cette intelligence, ou de ces intelligences, reste une énigme. Les huit femmes qui témoignent dans ce livre font état de communications qui vont de la télépathie à des rêves qui ressemblent à de la réalité virtuelle mais aucune vérité absolue ne se dégage de leurs expériences, ni de celles de centaines d’autres en relation avec le syndrome des abductions depuis les années 60. Les nombreux messages différents, souvent contradictoires, engendrent la confusion, la méfiance et la sensation d’être manipulé, que ce soit dans un sens positif ou négatif.

«Les extraterrestres sont tout à fait réels», affirmait une des femmes dans Taken, «et il semble que certains d’entre eux veulent nous aider et d’autres, nous tromper.»

Comme chaque cas est soumis à l’appréciation du lecteur, il y a des thèmes qui se répètent. Celui qui se dégage le plus est le prélèvement génétique de la vie sur terre pour créer une espèce hybride. Taken suggère que depuis l’aube des temps, une intelligence extraterrestre utilise la manipulation génétique dans le but de créer des espèces évoluant sur notre planète et que l’Homo sapiens sapiens pourrait bien être l’une d’entre elles. Si tel est le cas, nous serions, du haut de notre boîte de Petri, paradoxalement occupé à essayer de comprendre ceux qui justement sont en train de nous observer et nous étudier. Prendre conscience de cet Autre sans le craindre ni s’agenouiller devant lui sera peut-être une étape lourde de sens et inattendue pour l’évolution et la survie de l’homme.

Linda Moulton Howe : Créatrice, réalisatrice et productrice de l’émission de télévision : UFO Reports : Sightings et auteur de An Alien Harvest and Glimpses of Other Realities.

Source : http://www.karmapolis.be/pipeline/Taken_fr_part1.pdf

 


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