Technologies Cachées

L’histoire de ce Rouennais, inventeur d’un moteur à eau et alcool, contraint de s’exiler au Brésil…

Dans les années 70, l’ingénieur Rouennais Jean Chambrin a conçu un moteur automobile fonctionnant à l’eau et à l’alcool. Dénigré, il a fui la France pour travailler au Brésil.

 

À l’heure où la hausse du prix du carburant, sous couvert d’écologie, fait débat, d’aucuns évoquent les possibilités autres que le pétrole pour faire tourner nos chères automobiles. Si les alternatives existent déjà, elles peinent encore à s’imposer. La faute à une pression des grands groupes pétroliers ? L’histoire d’un ingénieur de Rouen (Seine-Maritime), inventeur dans les années 70 d’un moteur tournant à l’eau et l’alcool, peut en être une illustration.

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Une invention qui interpelle la presse

Armand Legay, havrais, ancien mécanicien et docteur en sociologie à l’UFR sciences de l’homme et de la société de l’université de Rouen, a consacré en 2015 un ouvrage à Jean Chambrin. Cet ingénieur rouennais, avec son associé Jack Jojon, a déposé en 1974 un brevet pour un « dispositif d’aménagement d’un moteur à combustion en vue de son alimentation avec un carburant additionné d’eau. »

En pleine crise pétrolière, ce carburant alternatif attire l’attention de la presse. « La nouvelle a traversé toutes les salles de rédaction depuis le début de l’année. Ici, à l’Automobile, l’information n’a pas résisté à deux discussions. Depuis la crise du pétrole(1) on se méfie des inventeurs. Mais cette fois les choses sont plus sérieuses », écrit le journal l’Automobile dans un numéro de juillet 1974.

On a vu dans les rues de Rouen une Citroën équipée du moteur à eau se déplacer comme n’importe quelle autre voiture et entreprendre dans la campagne environnante une promenade de 100 km sans le moindre ennui.

Un moteur tournant à l’eau et l’alcool

Pour le magazine, « pas de doute, la balade tourne à l’exploit ». Une interview suit, pour expliquer le fonctionnement du moteur.

« Il y a deux parties dans ce moteur. L’une est mécanique, l’autre électronique. La partie mécanique c’est une chambre de cracking du type marmite de Séguin. La partie électronique, la deuxième, et celle dans laquelle on envoie une très haute tension, plusieurs kilovolts sous quelques pico-ampères (pico : préfixe qui placé devant le nom d’une unité la divise par un billion, soit 1012, ndlr) et sous haute fréquence. Le principe est celui-ci : vous savez que l’eau se « crack », se transforme en oxygène et hydrogène vers 2000 à 2300°C. Il faut donc abaisser cette température à l’aide d’éléments soit physiques, c’est le cas du choix que nous avons fait, soit chimiques, c’est le cas du système employé dans les futurs réacteurs à très hautes température, ou à l’aide de quatre à cinq réactions à 730 ou à 1050°C on provoquera le cracking de l’eau, pour récupérer l’hydrogène et l’oxygène », détaille Jack Jojon, l’associé de Jean Chambrin.

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Il poursuit : « Chambrin et moi nous avons pris le contre-pied de cette difficulté. En gros, nous avons tenu le raisonnement suivant : nous pouvons facilement obtenir à peu près 700 à 800°C. À partir de ce moment-là nous devons trouver une solution simple, peu coûteuse, qui nous permet d’entretenir cette température et ensuite de cracker l’eau. Vous vous en doutez, nous avons procédé par étapes. Tout de suite nous avons pensé à l’alcool. »

Cela a donc abouti à ce moteur fonctionnant grâce à un mélange de 60 % d’eau et 40 % d’alcool permettant de « faire chuter de 50 % le poste consommation de carburant ».

« Il a été complètement dénigré »

De quoi attirer l’attention de l’industrie automobile pour une construction en série ? Visiblement non, selon Armand Legay.

Il a été complètement dénigré. Il n’a reçu que de la publicité par voie de presse sur son invention, mais aucune aide pour mettre au point et fabriquer en série son dispositif.

Il impute cela à « l’hyperspécialisation de l’industrie automobile qui a tout fait pour lui mettre des bâtons dans les roues. L’industrie pétrolière ne voulait pas qu’une filière différente se développe ».

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Les autorités françaises sont toutefois averties des travaux de Jean Chambrin. Dans son ouvrage consacré à l’inventeur, Armand Legay explique : « Chambrin croit à son devoir d’avertir le Président de la République que certaines puissances étrangères, s’étant rendu compte des possibilités d’exploitation d’un tel appareil, pour les moteurs ou les chaudières de chauffage central, se proposent de les subventionner pour les aider à poursuivre leurs recherches et même leur acheter leur brevet ». Une expertise sur l’intérêt technique et économique de l’invention est alors lancée. Mais la démarche n’a pas abouti.

Expatrié au Brésil

Ne parvenant pas à faire reconnaître son invention par l’industrie et les autorités françaises, Jean Chambrin prend la décision de partir au Brésil, grand producteur d’éthanol, en 1979. « Sa boîte noire sous le bras, il est parti pour le Brésil où il poursuit  actuellement ses travaux pour le compte de plusieurs grosses sociétés et avec la bénédiction du gouvernement de Brasilia. Si l’on en croit la presse brésilienne, Jean Chambrin aurait fait la démonstration que son moteur marchait bien avec un mélange d’alcool et d’eau. Il a récemment adapté son invention sur un camion. Les premiers essais auraient été positifs », relate le journal L’Aurore en juillet 1979.

Là-bas, Jean Chambrin aurait poursuivi ses travaux et équipés des voitures de son invention. Selon le quotidien Le Havre Libre du 20 août 1979, « l’industrie automobile brésilienne va produire à partir de l’année prochaine, 300 000 véhicules consommant de l’alcool mélangé avec de l’eau »

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Il serait mort en 1997 mais les sources divergent à ce sujet. De quoi entretenir toutes les théories et le mythe autour de l’inventeur maudit.

« Cet inventeur a quitté la France pour des raisons de préservation de ses intérêts, mais aussi pour des raisons de
fonctionnement structurel de l’État », juge Armand Legay dans son ouvrage. Interrogé par 76actu, il estime qu’aujourd’hui encore, « l’industrie automobile bloque ce genre d’innovation, même si l’on progresse petit à petit ». Il conclut  son livre ainsi :

Aujourd’hui, cette filière existe et elle est irréversible même si le souhait des majors pétroliers est de l’intégrer à leur industrie.

Source: https://actu.fr/normandie/rouen_76540/histoire-ce-rouennais-inventeur-dun-moteur-eau-alcool-contraint-sexiler-bresil_20432026.html


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1 réponse »

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    Bonjour,

    Aujourd’hui une affaire de plus concernant un progrès technologique qui a été supprimé par cette sombre « élite », qui est tout sauf une élite, et qui n’a absolument rien compris du fonctionnement réel de leur conscience et de l’univers, et qui sans doute, même s’ils arrivent à se cloner durant 10’000 ans, seront bien maris lorsque l’ensemble de leur mauvais karma qui leur pend au nez aura mûrit et à leur figure va éclater..!

    Le clonage et l’illusion continuera, mais cela ne sera pas la même coupe de champagne qu’ils devront boire jusqu’à la lie, mais sans doute dans un bouillant chaudron de lave, qui jusqu’à entière purification, flottant dessus leur conscience, sous formes de scories !

    Bien à vous toutes et tous et je vous souhaite un agréable été.

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