Spiritualité

Dialogue d’un autre genre (j’entend la VOIX pour la première fois)

 

J’avais trouvé l’endroit qui me semblait parfait pour camper, sur le terrain boisé d’un gîte isolé, tenu par un couple d’Anglais au sud de Carcassonne, prêt de Rennes-le-Château et du mont Bugarach. Quand j’ai choisi ce terrain, je n’avais même pas remarqué qu’il était à quelques kilomètres de cette montagne, réputée pour être un site sacré très prisé en France. En fait, c’est toute la région qui jouit d’un riche patrimoine historique et spirituel. C’est le pays des Catarrhes, de leurs trésors mystérieux et des richesses de leur sagesse et de leur culture. Libres et insoumis au prosélytisme de la religion catholique, on dit d’eux qu’ils vivaient en harmonie, tant dans leur relation à eux-mêmes, qu’entre hommes et femmes, et vis-à-vis des règnes et éléments de la nature.

Mais je ne vais pas en savoir beaucoup plus car mon intention pendant cette retraite n’est pas de visiter les lieux. Pas de voiture (je ne la prendrai que deux-trois fois pour faire des courses au marché), pas de téléphone, pas de montre, pas d’appareil photo, pas d’ordinateur, pas de cartes de la région. Juste moi et l’envie, le besoin de méditer, de me laisser de l’espace, de me relier à la nature et de me laisser être, guidé par l’émergence de la vie.

Se reconnecter ainsi seul à la nature m’a offert quelques riches expériences méditatives. La plus mystique d’entre elle a marqué durablement ma vie. De mémoire, c’est la première fois que j’ai eu l’occasion de faire l’expérience directe d’un dialogue intelligible avec ce que j’appelais alors « la dimension la plus élevée de mon Être ». Quelle était cette « voix » nouvelle et singulière qui résonnait aussi distinctement cœur de mon âme ? Pour moi c’était évident : elle n’était autre que l’essence même de mon être, nous ne faisions qu’un, elle m’habitait. D’autres auraient volontiers parlé de Soi Divin, Soi Supérieur ou Essence de l’Être. A moins que ce ne soit des manifestations de guides spirituels, d’esprits, d’anges, d’êtres de lumière, de maîtres ascensionnés… ? Je n’étais pas au clair sur cette notion et il ne m’était pas donné d’avoir l’expérience ou l’aptitude à « canaliser » des messages intelligibles. Par contre il me semblait évident que chaque culture et tradition spirituelle avait développé sa propre cosmogonie pour définir l’univers et nommer les énergies et les informations que nous captons et ressentons.

Selon les croyances, certains auraient pu prétendre communiquer directement avec la « voix » ou la Conscience de Dieu, de la Déesse, du Grand Esprit… J’avoue que je m’étais laissé séduire un temps par cette croyance que nous serions directement une part de Dieu, le Créateur en relation directe avec lui-même. Oh ! … A propos de Dieu. J’étais mal-à-l’aise avec ce mot : mon enfance catholique l’avait trop associé à un personnage extérieur, figure humanisée, paternelle et céleste. Certains préfèrent parler de la Source, l’Énergie de la Source, la Conscience de la Source, l’Univers, la Conscience Supérieure, l’Intelligence Supérieure… Le domaine spirituel regorge d’un vrai méli-mélo de concepts aussi flous que séduisants pour l’ego et le mental. Mais j’aimais bien comment Mooji, un guru jamaïcain, en parlait. Pour enlever toute polarité masculine ou féminine à Dieu, il parlait de « ça ». Et « ça » est tout et rien à la fois, « ça » ne porte aucun jugement arbitraire sur les êtres et les choses, « ça » ne réclame rien. « Ça » est à la fois masculin et féminin, supérieur et inférieur, extérieur et intérieur, ici et ailleurs, en chaque chose et en chacun, au-delà de tout concept que l’on peut se faire sur le temps et l’espace. « Ça » EST, tout simplement.

Pour en revenir à ce dialogue inédit qui s’offrait à moi, je considérais donc simplement que la Conscience avec laquelle j’ai communiqué clairement ce jour-là pendant ma retraite nature n’était autre que « la plus haute dimension de mon Être », l’Esprit. En tant qu’être humain incarné, notre corps et notre mental constituent un filtre naturel à l’expression pure de la Conscience, de l’Esprit. Aussi il est difficile de trouver un vocabulaire pour parler de quelque chose qui nous semble extérieur à nous-mêmes tout en étant l’essence de qui nous sommes.

Aujourd’hui, je mesure surtout que quelques guides lumineux étaient probablement à l’oeuvre ce jour-là pour dresser un pont de communication avec ma conscience. Qu’ils en soient remerciés !

Je venais donc de méditer longuement assis sur l’herbe, au soleil. J’étais bien. Puis j’ai senti comme une nécessité de me lever. Une injonction claire mais très douce et bienveillante. Alors je me lève et je marche, très lentement. Comme guidé par une voix à l’intérieur de moi. Cette voix résonne comme ma propre voix. Elle est simplement tellement plus posée, directe. Rapidement je comprends que je suis dans un état de Conscience modifié qui me laisse « entendre » clairement une conscience plus élevée que celle de ma petite personne, au point de pouvoir entretenir un dialogue serein et ininterrompu avec elle. A peine mon mental essaie t-il de se poser des questions ou de divaguer que cette présence me ramène à elle. Elle ne laisse place à aucun doute. Quand elle résonne en moi, c’est la confiance même que j’entends, l’évidence pure. A côté, les vibrations plus basses de mon mental deviennent comme un enfant qui s’incline devant la Sagesse, la Connaissance et l’Intelligence Supérieure. C’est tellement bon, sécurisant, tellement agréable… Moi qui passe mon temps à douter, réfléchir et me poser des questions, je sens là un espace de Conscience que rien n’ébranle. Pas même cette machinerie de cerveau que je croyais si puissant. J’avais déconstruit tellement de croyances et de certitudes, que je me croyais incapable d’avoir à nouveau des certitudes. Or là c’en est bien une. Ça existe. « Ça » résonne en moi !

Je bouge dans l’espace comme un cosmonaute. Je suis en pleine conscience de chacun de mes gestes, très lents et fluides.

Quand mon mental s’emballe intérieurement face à l’euphorie de cette expérience, la Présence me souffle amicalement et fermement « Maintiens la présence ». Cet espace de Conscience est si paisible. Ma respiration est libre, profonde et légère. Je m’efforce de suivre le flux lent qui me berce pour éviter de perdre la connexion. Et je réalise que chaque fois que mon esprit se pose des questions, la Présence répond instantanément avec assurance. Elle pourrait me dire n’importe quoi, quelque chose qu’aucun autre Être Humain n’a jamais cru, que je lui ferai confiance ! De toute façon, quand mon mental se met à jouer de cette voix pour tester mon discernement, la réponse qui résonne reste vague ou énigmatique. Comme s’il était impossible d’entendre une réponse que je ne serais pas prêt ou disposé à entendre. Je ne peux pas déstabiliser cette voix. Alors mon ego s’efface naturellement et humblement pour laisser la place à un dialogue authentique. Je remarque que plus la question est profonde et sincère, plus la réponse est claire et précise.

Dans la pureté et la joie de cette expérience, je n’avais humblement que quelques questions très personnelles à poser. En fait il m’est difficile de savoir quels mots exacts j’ai exprimés mentalement. D’autant plus qu’à peine j’avais l’intention de faire une demande, que la réponse était déjà là. La notion du temps n’était plus linéaire, comme si les réponses émergeaient simultanément avant même que je demande, comme si cette « voix » des profondeurs de mon Esprit savait déjà tout de moi. Mes interrogations ressemblaient à : « Pourquoi n’ai je pas plus de perceptions sensorielles et psychiques ? Pourquoi est-ce que je ne visualise pas ni ne ressens pas clairement l’énergie et l’invisible ? Pourquoi les choses ne sont pas plus évidentes pour moi ? Pourquoi les autres [lors de stages] perçoivent ces choses et pas moi ? Pourquoi certains ont ces dons et pas moi ? … » C’étaient les questions qui me préoccupaient dans ma quête de sens et de Vérité. Il m’a fallu à peine une seconde pour formuler cette demande. Et la réponse, claire, posée, précise, évidente, n’a pas mis plus de temps à résonner : « Tu n’en as pas besoin. ».

« Tu n’en as pas besoin » … Je le savais. Vraiment je le pressentais. Mais il semble que j’avais besoin de cet écho venu des profondeurs et de l’immensité de mon Être, pour valider ce pressentiment et m’assurer que ce n’était pas qu’une croyance dans laquelle je me confortais. Avec cette réponse, et le dialogue tranquille qui s’en est suivi, j’avais l’impression forte que rien ne me surprenais dans ce qui m’était dit. Tous les mots résonnaient en moi comme la plus parfaite évidence. C’était moi avec moi-même, moi-même avec le Tout. Oui, l’intuition était vraie. Oui, cette connaissance directe avait déjà trouvé le chemin. Simplement je l’entendais ici dans un espace où le doute n’existe pas. Où la vérité vibre si intensément qu’elle nourrit inévitablement la foi, la conviction. Alors je ressentais un mélange de soulagement, d’apaisement, de fierté, de gratitude et de joie.

Nous sommes ainsi faits que le mental-ego doute de l’intuition et de sa déroutante simplicité. Et il a parfois besoin de signes pour faire confiance à l’information qui vibre dans nos dimensions plus subtiles. Ce signe, je ne l’attendais pas ce jour-là. Est-ce à force de persévérance que je me suis offert cette expérience ? Aurait-elle vu le jour sans retraite nature, sans intentions posées, sans méditations, sans volonté de ressentir ce lien sacré avec les hauteurs de l’Esprit ? Dieu seul le sait !

Croyez-vous comme je l’ai cru qu’il vous manque certaines capacités de perception ?
A quoi vous serviraient-elles, vous seraient-elles vraiment bénéfiques ?
Qu’en feriez-vous de meilleur que ce qu’il vous est donné aujourd’hui ?

Un jour, une amie témoignait sa détresse de voir disparaître les visions et les perceptions énergétiques qu’elle avait toujours eues. Qui sommes-nous si nous remettons notre confiance en la Vie et notre gratitude envers la Source dans quelques compétences ou jouissances psychiques et sensorielles !

Alors, et si nous acceptions de reconnaître la justesse et la perfection de ce qui nous est donné à chaque instant ? Ouverts à l’infini présent, portés par des intentions pures, nous avons tellement à offrir et à donner à la Vie.

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