Spiritualité

REAPPRENONS  A  HONORER  NOTRE  TEMPLE  INTERIEUR

Nous évoluons dans un monde où tout est dispersion : surstimulations, bruits, surinformations, dépendances diverses, accélérations du rythme de vie, etc. Tout semble organisé pour que l’être humain s’en remette à un Autre, le dieu Argent, au nom du profit, par une consommation effrénée. L’être humain souscrit volontiers à cette idolâtrie qui vante son bien-être matériel, des états d’excitation, de jouissance, voire des sensations de pouvoir dans des scénarios les plus divers. A contrario, d’autres n’ont pas accès aux biens de consommation, vivent dans le manque permanent. Dans ces deux situations extrêmes, la conscience semble comme obnubilée, suspendue, se référer à un ailleurs vécu comme une promesse d’abondance qui est un tout ou rien. Mais qu’en est-il de l’homme ?

   La multiplicité des désirs nous conduit à vivre hors de soi, à être hors de soi. L’être en oublie le ressenti corporel, le vécu intérieur, le fait qu’il a un corps, qu’il vit dans un corps. Celui-ci peut être malmené par les exigences de notre rythme de vie quotidien, meurtri par nos propres volontés, nos pensées ou par ce que nous lui administrons dans le domaine de l’alimentation, de la santé ou de l’hygiène. Le fait d’oublier que vous avons un corps n’est pas banal en soi, c’est oublier que sans notre corps nous n’existons plus, nous sommes morts ! Le peu de considérations que nos contemporains ont à l’égard de leurs corps témoigne d’un oubli de soi et de l’emprise funeste d’un système qui nous regarde, dans tous les sens du terme !

   L’homme moderne a oublié que le corps humain est un temple, que tous les édifices religieux, des temples égyptiens au Temple de Jérusalem et aux églises chrétiennes, ont été construits à l’image du corps humain avec un portique ou narthex, une partie centrale ( temple, péristyle ou nef ), et un sanctuaire comprenant le Saint des saints ou le chœur avec un transept pour les églises chrétiennes représentant les bras étendus en croix. Cette réalité fondamentale que le corps humain est un temple est tombée dans l’oubli, jusqu’à ne plus prendre soin de soi, jusqu’à l’oubli de soi, voire le mépris de soi.

   Pour beaucoup, le temple corporel est vide de l’intérieur. Certains en soignent l’édifice jusque dans les moindres recoins, n’hésitant pas à en refaire exagérément des travaux de façade ou de ravalement ! D’autres, au contraire, le négligent jusqu’à ce qu’il tombe en décrépitude ou en ruines !

   Cependant, il importe de célébrer à nouveau la vie en soi, dans le recueillement intérieur. Pas besoin d’édifice en pierres pour cela, un simple retour à soi, dans l’écoute de soi,  dans une bienveillance intérieure. C’est en honorant la vie en soi, dans le silence intérieur, par la méditation, en entretenant et faisant rayonner la flamme intérieure en soi et autour de soi, qu’à nouveau, l’être humain redécouvre son chez soi, se redécouvre un être centré et se trouve relié au divin : « Restez en tenue de service et gardez vos lampes allumées ( …) C’est à l’heure que vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra » ( Luc 12, 32-48 ).

   Cette démarche est la condition même de sa liberté, dans le sens où il honore le lien qui le relie à la vie et le fait être. Le divin en soi, source de toute vie est garant de sa liberté dans cet espace sacré intérieur et le prémunie de  toutes formes d’idolâtrie.

   Le drame contemporain est cette rupture consommée avec l’espace sacré intérieur, tant nous nous trouvons aux prises avec des contingences qui semblent nous en éloigner, qu’elles soient sentimentales, relationnelles, familiales, professionnelles, etc. Nous en oublions l’essentiel, la vie qui nous anime, nous irrigue, nous transporte comme beaucoup d’entre nous semblent avoir oublié le chemin pour revenir à cet état de recueillement intérieur.

   L’amour de soi, de ce qui nous anime dans notre for intérieur n’est possible qu’en ayant recours au pardon adressé aux autres et à soi-même. C’est la clef qui nous conduit à l’amour de soi, du Soi, siège de l’esprit. Le pardon nous libère de nos attachements, de tout ce qui aliment nos scènes intérieures, dans notre rapport avec autrui et avec nos pulsions, nos émotions et nos sentiments. Le pardon nous conduit aux portes de notre temple intérieur et nous accompagne tout au long de notre cheminement intérieur.

 

Christian Miel

 

site de l’auteur : https://www.christian-miel.com

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